Originaire de Besançon en Franche-Comté et attaché à sa région, Marto est un artiste urbain polyvalent. Tantôt illustrateur, graffeur et plasticien, il nous invite dans un univers décalé mais engagé, emplit d’œuvres qui cumulent indubitablement les qualités, drôles, esthétiques, philosophiques, mordantes, caustiques et multiculturelles.

Poussant la porte de l’art en passant par celle du graffiti, le jeune artiste commence, très jeune, par recouvrir les murs de sa ville. Rapidement, il trouve dans ses rues son inspiration, mais également son pseudo : Marto. Épicurien, ayant soif de diversité, le jeune graffeur entreprend des études dans le but de s’ouvrir à d’autres pratiques artistiques. D’abord des études de Communication Visuelle aux Beaux-arts de Cambrai, puis la faculté des Arts d’Amiens, il s’envole ensuite en Erasmus pour la Finlande, à l’école d’Art D’Helsinki, pour enfin achever son cursus au Burkina-Faso, dans le centre culturel Hangar 11, à Ouagadougou.

Atypique parcours pour une atypique passion, que Marto nous confie avoir vu naître devant le club Dorothée. En effet, très tôt, Marto s’amuse à redessiner les personnages de ses mangas favoris : Dragon Ball Z, les chevaliers du Zodiac, Ken le survivant, Jeanne et Serge, tous y passent. Mais sa passion pour l’art prend également et surtout racine dans la culture Hip-hop, grâce aux multiples disciplines qu’elle englobe. Break dance et graffiti, Marto a tout essayé, et c’est bien cette street-culture qui lui donne, encore aujourd’hui, l’envie de créer.

Son style, ironique au possible mais pas moins spirituel pour autant, est inspiré des grands noms engagés du Street-art comme le londonien Banksy, les français JR et Grems et l’italien Blu, ou encore le plasticien Ernest Pignon Ernest et l’illustrateur Siné, dont Marto apprécie tout particulièrement le trait et la tendance régulière à la satire.

Et la satire, Marto la pratique et la prêche. Adepte du « mieux vaut rire que pleurer », il aspire à faire naître des sourires avec ses œuvres mais également à éveiller les consciences, car il aime avant tout choquer pour faire réfléchir.

Avant de créer, il faut savoir que Marto est un homme comme les autres. Un jus d’orange bien frais assorti d’une cigarette, et il peut passer aux choses sérieuses. Une bonne vieille feuille comme base de création, une série de clichés, et enfin quelques retouches sur Photoshop où il ajoute ses couleurs. Privilégiant la main au numérique, accroché aux valeurs de l’illustration, Marto ne se décide pas à investir dans une tablette graphique, il préférera utiliser son ordinateur en dernier recours. Egalement, il se plaît à varier les supports et les techniques : Des poscas et du vernis pour customiser des canaris africains et des masques gabonais, de l’acrylique mélangé à de la colle pour les murs de sa ville adorée, de la sérigraphie… Marto aime se confronter aux contraintes techniques des variations, et se renouveler sans cesse.

A son actif, il affiche déjà de nombreuses collaborations avec divers artistes et magazines. En 2014, L’entreprise Terminator a vu sa carte de vœux réalisée par ses soins, et la décoratrice d’intérieur Nassara Design lui a demandé de customiser ses masques gabonais en résine. Egalement, il a collaboré avec un collectif d’artistes d’Ouagadougou, qui lui ont fourni une aide précieuse pour la scénographie de son exposition à l’Institut Français au Burkina-Faso en Novembre 2013. Aussi, il participe chaque année au festival Fanzine à Paris et fait l’objet de publications fréquentes dans les magazines Barbeuc Mag et L’Attrape rêve.

Marto est donc un artiste urbain engagé, dont les œuvres drolatiques servent des messages qui s’inscrivent dans l’air du temps.

Texte par Cassandra Conti